Quand j’ai envoyé des touristes sur la Lune — Détournement spatial et la mission Artemis II

Quand j’ai envoyé des touristes sur la Lune — Détournement spatial et la mission Artemis II

LES CARNETS NOIRS — Je ne suis pas un auteur de science-fiction.

Je l’ai dit souvent — mon territoire, c’est le roman noir, le crime, la corruption, les villes fictives qui ressemblent dangereusement à des villes réelles. La Chronique noire de Maisonneuve. Les enquêtes criminelles de Louis Shamrock. Des personnages torturés, d’autres qui mentent, qui trahissent, qui finissent mal.

Mais il y a une exception. Une seule nouvelle que j’ai écrit qui sort résolument de cet univers — et qui, en ce moment, se révèle étrangement d’actualité.

ARTEMIS II ET MOI

L’actuelle mission Artemis II de la NASA vise à renvoyer des humains sur la Lune pour la première fois depuis 1972. La dernière mission Apollo à avoir posé le pied sur la Lune était Apollo 17 en décembre de cette année-là. Depuis, plus personne n’y est retourné — du moins, officiellement.

Cette parenthèse — « officiellement » — est au cœur de Détournement spatial, une nouvelle que j’ai publiée dans Le Recueil Maudit II en 2022.

LES MISSIONS APOLLO — UNE FASCINATION D’ENFANCE

J’ai grandi avec les missions Apollo. Pas en tant que témoin direct — j’étais trop jeune pour Apollo 11 — mais en tant que lecteur passionné, puis comme adulte fasciné par tout ce que cette épopée représentait. L’audace. La technologie. L’hubris américaine — cette démesure, cet orgueil excessif, cette arrogance extrême — qui voulait planter un drapeau sur la Lune avant les Soviétiques.

Et surtout, les théories du complot qui ont suivi. La mission Apollo 20 secrète. La femme extraterrestre surnommée la Mona Lisa de cire. Les structures artificielles sur la face cachée de la Lune. Tout un monde de récits parallèles, de canulars habiles et de croyants sincères qui ont alimenté l’imaginaire collectif pendant des décennies.

C’est tout cela qui a nourri Détournement spatial.

LA NOUVELLE — CE QUI S’Y PASSE

Tout commence comme un thriller spatial ordinaire. Le module Memphré, propriété de Cosmos Navigators — une entreprise spatiale privée québécoise dirigée par un certain Léo Dubois —, décolle de Cap Canaveral avec trois touristes à son bord et son commandant, Jonas Hale, un vétéran du programme Apollo.

Mais quelques heures après le décollage, les communications avec le Centre spatial de Houston sont coupées. Et le module, au lieu de se diriger vers la Station spatiale internationale, cap sur la Lune.

Ce n’est pas une défaillance. C’est un plan.

Léo Dubois est convaincu qu’une mission Apollo secrète — la prétendue Apollo 20, en 1976 — a bel et bien découvert des vestiges d’une civilisation extraterrestre sur la face cachée de la Lune. Jonas Hale était à bord. Et maintenant, il veut y retourner.

Ce que les trois touristes — une jeune héritière de la mode, un athlète célèbre et un écrivain célèbre — ne savent pas encore, c’est que la réalité de ce qu’ils vont trouver sur la Lune dépasse largement ce que Dubois avait imaginé.

DU RECUEIL MAUDIT… AUX MURMURES ÉGARÉS

Détournement spatial a été écrite spécifiquement pour Le Recueil Maudit II. La nouvelle a ensuite été publiée dans mon recueil Clap de fin pour Fort-Beaulac, publié en 2023.

Le Recueil Maudit est un collectif annuel d’horreur publié chaque automne entre 2021 et 2023 par l’auteur Dave Turcotte Lafond, disponible sur Amazon pendant environ un mois. Entièrement au profit d’un organisme québécois.

Le tome II a amassé 37 389,25 $ pour SOS Violence conjugale. Un résultat remarquable pour un recueil autoédité vendu sur Amazon. Et je suis particulièrement fier d’avoir pu participer aux trois éditions. Au total, plus de 70 000 $ ont été versés à des organismes en trois ans.

Ma nouvelle côtoie dans ce tome une cinquantaine d’auteurs québécois et européens. C’est la seule fois que je me suis aventuré aussi loin dans la science-fiction — et peut-être la seule fois que je le ferai. Mais l’actualité me donne aujourd’hui une raison inattendue de vous en parler.

Toutefois, je suis heureux d’avoir une nouvelle fois l’occasion de prêter ma plume à une bonne cause. Cette année, je suis impliqué dans un nouveau projet littéraire destiné cette fois à lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Murmures égarés est un recueil de nouvelles, de poèmes et de témoignages qui réunit 19 auteurs autour de cette cause universelle qu’est la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Tous les profits seront remis à La Société Alzheimer de Québec. J’y signe la nouvelle Rose et les souvenirs écarlates qui parle de mémoire et de ce qui reste quand le reste s’efface.

Publié par les Éditions JAJ, et piloté par l’autrice J-An Joli, le recueil Murmures égarés sera disponible uniquement pendant le mois d’avril.

ARTEMIS II ET LES QUESTIONS QU’ON NE POSE PAS

Alors que la mission Artemis II progresse et que des astronautes s’apprêtent à reposer le pied sur la Lune pour la première fois depuis plus de cinquante ans, je repense à Détournement spatial avec un sourire. Pas parce que je crois aux théories du complot sur Apollo 20 — je n’y crois pas. Mais parce que l’imaginaire collectif autour de la Lune reste intact, inépuisable, et que la fiction peut se permettre de jouer avec ce que la réalité préfère ignorer.

Qu’est-ce qu’on va vraiment trouver sur la Lune ? Qu’est-ce qu’on a peut-être déjà trouvé ?

Ce n’est pas une question sérieuse. C’est une question littéraire.

→ Le recueil Murmures égarés est disponible sur Amazon jusqu’au 30 avril 2026 — https://shorturl.at/gJezS

→ Mon recueil Clap de fin pour Fort-Beaulac est disponible sur Amazon — https://shorturl.at/P8KD4

Crédit photo : NASA (domaine public), Saturn V — Apollo 11 launch, 16 juillet 1969

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