Comment on devient auteur de romans noirs — le chemin qui m’a mené à Maisonneuve

Comment on devient auteur de romans noirs — le chemin qui m’a mené à Maisonneuve

LES CARNETS NOIRS — On me demande parfois si écrire des romans noirs et être rédacteur en chef d’un journal financier sont deux vies séparées. Ma réponse : non. Ce sont les deux faces d’une même démarche.

D’abord, publier des romans n’a jamais été un rêve qui m’a semblé inaccessible. Dans mon esprit, c »était même une normalité. Ma mère était auteure. Je l’ai suivi dans les salons du livre étant enfant — Québec, Sherbrooke, Montréal, Chicoutimi, Gatineau. Je regardais les auteurs signer leurs livres, je respirais cette atmosphère, je comprenais instinctivement que les histoires étaient faites pour être partagées. Évidemment, les choses n’ont pas été aussi simples. Mais publier m’a toujours paru être une évidence.

À l’école primaire, je montrais mes petites histoires à mes professeurs. Elles les corrigeaient. Je trouvais ça normal — l’écriture avait besoin d’un regard extérieur. Plus tard, je montais des petits magazines que je vendais à mes camarades. Mon premier business d’édition, à dix-douze ans.

La passion pour l’écriture a survécu à l’adolescence. Jeune adulte, j’ai commencé à publier des nouvelles dans des magazines — surtout européens, à une époque où tout fonctionnait par la poste. On envoyait ses textes dans une enveloppe. On attendait des semaines. Parfois des mois. Un jour, le magazine arrivait dans la boîte aux lettres avec son nom imprimé dedans. Il y avait quelque chose de plus solennel dans cette attente.

En 1993, j’ai créé Cité Calonne — un magazine littéraire qui a notamment publié les textes gagnants du premier Prix littéraire de la Corporation du Jeune conseil de Montréal, lancé lors d’une cérémonie officielle à l’Hôtel de ville de Montréal en présence d’élus et de dignitaires.

Cité Calonne, qui a vécu jusqu’en 1996, a publié des auteurs qui comptent — dont Jean-Pierre April, Claude Aslan, Natacha Beaulieu, Olivier Bidchiren, Claude Bolduc, Michèle de Laplante, Dany Tremblay, Jean-Louis Trudel, Robert M. Smith. Et des illustrateurs qui ont fait leur marque, comme Pierre D. Lacroix, Josianne Sabelli, Laurine Spehner.

C’était un laboratoire. Une façon de comprendre l’édition de l’intérieur. Être partie prenante de cet univers.

Ensuite, il y a eu les biographies chez Lidec, du groupe Guérin — la Collection Célébrités principalement destinée au milieu scolaire. Louis Cyr. Jack Layton. Éric Lucas. Jean Pascal. Lucian Bute. Des portraits concis de grandes figures canadiennes et québécoises.

Puis, en parallèle, le journalisme. D’abord comme chroniqueur de boxe, puis comme journaliste financier. J’ai signé des articles à La Presse, dans le journal Les affaires, également une chronique hebdo reprise dans la centaine de journaux régionaux du réseau de TC Transcontinental. Je suis aujourd’hui rédacteur en chef pour un média destiné aux professionnels de l’industrie financière.

Et finalement, Maisonneuve. Une ville fictive. Une uchronie. La Chronique noire de Maisonneuve est l’aboutissement logique de tout ce chemin. Les biographies m’ont appris la rigueur documentaire. Les nouvelles, l’économie du récit. Cité Calonne, la logique éditoriale. Chaque étape m’a appris quelque chose. Maisonneuve est la réunion de tout ça — une ville fictive construite avec les outils du journaliste et l’âme du romancier.

→ Cité Calonne : richardcloutierauteur.ca/cite-calonne/

Photo : Marché Public du livre de St-Narcisse, 30 juillet 2023.

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